Qui que je suis ?

Je suis un judoka dont la première licence date du mois de septembre 1976, je n’avais pas encore mes 9 ans révolus. J’ai pratiqué le judo d’une façon ininterrompue de 1976 à 1987, ensuite au gré de mes pérégrinations professionnelles mais aussi de mes envies, j’ai pratiqué le judo en fractionné.
Au mois de janvier 1985 j’ai obtenu la ceinture noire 1er dan (je venais de fêter mes 17 ans deux mois avant), dix ans plus tard en 1995 j’ai décroché le kata pour le 2ème dan.
Ensuite j’ai arrêté toute pratique du judo jusqu’en 2006, car d’autres activités m’attendaient. Je viens donc de remonter sur le tatami, avec une approche moins compétitrice (quoi que j’ai encore quelques envies) mais beaucoup plus symbolique & philosophique de la discipline.
Ces onze années passées loin des dojos, occupées à militer dans des mouvements associatifs politisés avec quelques responsabilités départementales & implications nationales les derniers temps, m’ont fait rencontrer des gens parfois détestables, mais aussi des personnes formidables voire exceptionnelles. Certaines de ces personnes m’ont ouvert leurs cœurs, fait partager leurs approches de la Vie, guidées par un véritable esprit fraternel & humaniste.
J'ai eu accès à plusieurs voies durant ce parcours loin des tatami, des voies qui étaient déjà tracées par le judo grâce à mes deux premiers shihan. Ces voies étaient enfouies dans mon for intérieur, je n’avais alors pas réussi à saisir l’ensemble des outils qui étaient à ma disposition pour y accéder afin de comprendre le monde & de me comprendre. Trop jeune peut-être à l’époque, trop bête sûrement. Ces expériences associatives, ces rencontres, associées à ma pratique de la voie de la souplesse qui en fait n'a jamais été absente de mon corps & de mon esprit, m’ont fait percevoir que cet art martial qu’est le judo est aussi un art royal de par son idéal !!! 
Contact possible via el.cersito@wanadoo.fr  

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Philo judo

Vendredi 10 novembre 2006
Au judo, mais aussi dans la pratique de tout art martial, les positions & postures sont importantes. Que ce soit pour une raison technique ou une question philosophique, rien n’ai fait au hasard.
 
Jusqu’à la découverte du kata, bien souvent le ou la judoka ne prête pas attention au fait que le combat (en compétition & randori) ou bien le travail de technique debout, doit débuter par une position particulière.
Tout comme le travail au sol commence par la position du salut à genou (zarei ), tout travail debout doit voir le salut suivi par la position shizen-hontai.
Cette position plus remarquée lors du kata car présentée en ouverture de ce dernier, est le fait que les deux judokas (Uke & Tori) se font face & avancent chacun d’un pas du pied gauche suivi ensuite du pied droit. Le pied droit ramené doit être légèrement écarté du pied gauche initialement posé, d’environ la largeur des épaules, les pieds parallèles entre eux. Ensuite les deux judokas avancent du pied gauche en marche naturelle (ayumi-ashi ).
Cette posture est visible & mise en valeur lors du kata, mais elle doit aussi se pratiquer lors de l’entraînement ou en compétition.
 
Dans certains rituels anciens & acceptés, démarrer du pied gauche signifie procéder à une déambulation dextrorsum (sans des aiguilles d’une montre dit « sans horaire »), mais dans le cas précis de la pratique du judo, la marche qui suit la position shizen-hontai se fait de manière rectiligne dans la plus pure tradition de la géométrie euclidienne.
En théorie, la marche droite, rectiligne, qui symbolise la communication entre la cause & l’effet, se termine par un affrontement violent puisque la personne possède toute son énergie. Cette dernière n’étant pas empiétée d’une quelconque phase courbe, pouvant avoir comme effet d’en diminuer la force initiale. Au judo, comme dans l’ensemble des arts martiaux, cette charge rectiligne est ponctuée non pas violemment, mais par une ferme & solide prise de garde du judogi (kumi kata ).
 
Démarrer le travail d’entraînement ou un combat du pied gauche ne veut pas dire que l’on est de mauvaise humeur, ou que l’on désire pulvériser son partenaire ou adversaire. Même si dans les différentes civilisations l’on retrouve le côté gauche comme étant celui de la négativité, de la passivité, du sinistre (mot qui provient du latin « sinister » qui veut dire gauche), de la main qui fabrique le poison chez les sorciers africains. Dans la tradition de la cabbale l’on trouve le côté gauche comme étant la main du Roi qui représente celle de la justice, contrairement celle de Dieu qui est symbolisée par la main droite.
 
Mais dans le cas qui nous intéresse, notre regard doit semble-t-il se porter vers l’Extrême-Orient.
 
En Chine ancienne, la conception du yin & du yang qui se veulent complémentaires, n’accordait aucune préférence physique à chacun des côtés, même si le yin représente la droite & le yang la gauche ceci étant dans un but de complémentarité. Le jour l’homme s’asseyait à la gauche de sa femme, la nuit les côtés étaient inversés.
En revanche les divinités masculines étaient placées à la droite des divinités féminines, car la droite était considérée en Chine comme d’essence féminine & terrestre au contraire de la gauche masculine & céleste. Dans cette culture asiatique, la gauche marque l’honneur & la noblesse.
On peut aussi voir dans une marche ouverte par la gauche & allant vers la droite, un aspect de progression dans la vie, puisque de telles déambulations dans les défilés cérémoniels sont contraires aux parcours inverses qui signifient aller vers la mort, hormis dans la religion musulmane.
 
Le côté gauche, si souvent décrié chez nous les occidentaux, prend ainsi une autre dimension pour le ou la judoka qui prête attention à cette posture. On peut voir dans cette mise en avant du côté nocturne par rapport au diurne, la primauté de la réalité secrète vis à vis des apparences, ce qui correspond bien à la pensée orientale.
La position shizen hontai permet aussi pendant une fraction de secondes de cacher le pied droit par le gauche. On pourrait ainsi y déceler une attitude de « bonjour » avant l’affrontement, tout comme les chinois cachent la main droite lorsqu’ils saluent quelqu’un hormis pendant une période de deuil (les chinoises font l’inverse). 
 
Au Japon la gauche est le côté de la sagesse & de la foi, il est aussi de par nature celui du cœur & donc de la probité ce qui est tout à fait en adéquation avec sa représentation du yang. Ceci étant complémentaire avec le fait de donner de la gauche & de recevoir de la droite, qui peut se traduire par une offrande que l’on fait de soi à l’adversaire pour un combat loyal.
 
Tout judoka se doit de persévérer dans la médiation & la réfléxion sur la symbolique de la position shizen hontai transmise par Jigoro Kano, qui nous permet grâce à cette posture de symboliser ainsi une attitude franche & empreinte de probité sur le tatami. Cela correspond bien à la philosophie initiale du judo souhaitée par le maître fondateur de cet art martial. 

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Quelques livres

Judo Kodokan, par Jigoro Kano.  Budo Editions, éditions de l'éveil. 2006.

Judo: principes & fondements, par Emmanuel Charlot.  K Editions, collection esprit du judo. 2006.

Jigoro Kano, père du judo, par Michel Mazac.  Budo Editions, Editions de l'éveil. 2006.

L'esprit du judo, entretiens avec mon maître, par J.L. Jarazin. Budo Editions, Editions de l'éveil.

Le judo, école de vie, par J.L. Jarazin. Budo Editions, Editions de l'éveil. 

Le randori no kata des premiers maîtres du judo, par Patrick Le Mée.  Chiron éditeur. 2006.

Judo pratique, du débutant à la ceinture noire, par Tadao Inogai & Roland Habersetzer.  Editions Amphora. 2002.

Les fondements du judo, par Yves Klein. Editions Dilecta. 2006 (réédition).

Judo, les techniques oubliées, par Loïc Blanchetête. Budo Editions, Editions de l'éveil. 2005.

La spirale de l'escargot, contes mathématiques, de Harmand Herscovici. Editions Seuil. 2000.

Luz ou le temps sauvage, de Elsa Osorio. Editions Métaillé. 2000. 

La maîtresse des épices, de Chitra Banerjee Divakaruni. Editions Philippe Picquier. 1999.

Le cercle des menteurs, de Jean-Claude Carrière. Editions Plon. 1998. 

L'homme incendié, le roman de Giordano Bruno, de Serge Filippini. Editions Phébus. 2000.

Les pierres sauvages, de Fernand Pouillon. Editions Seuil. 1964.

L'ouverture du chemin, de Isha Schwaller de Lubicz. Editions La Table d'Emeraude. 1994.

L'éveil de l'intelligence, de Jiddu Krishnamurti. Editions Stock. 1975.

Her-bak "pois chiche", de Isha Schwaller de Lubicz. Editions Champs-Flammarion. 1981.

Her-Bak "disciple", de Isha Schwaller de Lubicz. Editions Champs-Flammarion. 1981.

La dame n°13, de José Carlos Somoza. Editions Actes Sud. 2005.

La confrérie des éveillés, de Jacques Attali; Editions Fayard. 2004.

Le téléscope de Rachid, de Jamal Mahjoub. Editions Actes Sud. 2000.

Voix endormies, de Dulce Chacòn. Editions Plon. 2004.

Le palmier & l'étoile, de Léonardo Padura. Editions Métaillé. 2003.

L'homme qui savait tout, de Catherine David. Editions Seuil. 2001.

 

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